L'agrivoltaïsme bientôt possible partout au Tyrol du Sud ?

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Il y a quelques semaines, j'ai écrit ici que le Tyrol du Sud fait barrage à l'agrivoltaïsme — et que la « protection du paysage », comme justification, relève en grande partie de l'hypocrisie (Pourquoi nous devrions utiliser nos champs deux fois, Des panneaux solaires en surplus — et nous les trouvons trop laids). Le tribunal administratif de Bolzano vient de dire, au fond, la même chose. En latin juridique, simplement.

Le 15 juin 2026, le Tribunal régional de justice administrative, section de Bolzano, a annulé les critères centraux de la Province pour l'agri-PV. Le mot employé par les juges : « arbitrari » — arbitraires.

De quoi il s'agissait

Par le Décret du Président de la Province n° 18/2025, la Province avait établi que l'agri-PV n'est autorisé que là où deux conditions sont réunies en même temps : la parcelle se trouve au maximum à 75 mètres au-dessus du niveau de l'Adige et de l'Isarco — et présente une pente n'excédant pas 10 pour cent.

Cela sonne technique. En réalité, c'est une interdiction quasi généralisée.

Le requérant était un agriculteur de Lazfons. Et il a gagné.

« Arbitraire » — le mot m'est venu dès la première lecture

Quand j'ai lu la règle pour la première fois, ma pensée a été : pourquoi 75 mètres ? Pourquoi pas 60, pourquoi pas 100 ? Pourquoi 10 pour cent de pente et pas 12 ?

C'est exactement ce que demande aujourd'hui le tribunal. La Province n'a pas su expliquer pour quelle raison technique le seuil se situe précisément à 75 mètres et 10 pour cent. Le pouvoir d'appréciation de l'administration, dit le jugement, ne doit « jamais basculer dans le pur arbitraire ». Qui restreint les renouvelables doit le justifier par des données concrètes — pas par des chiffres qui sonnent bien.

C'est là le cœur. Une Province peut fixer des règles d'implantation. Elle ne peut simplement pas déguiser des interdictions en règles et espérer que personne ne pose de question.

L'argument du paysage ne tient pas

Bien sûr, l'objection arrive aussitôt : mais le paysage ! Oui, peut-être. On voit les panneaux.

Mais on voit aussi les balles d'ensilage. Ces saucisses de plastique blanc sur un pré sur deux — sont-elles belles ? Et les filets anti-grêle sur la moitié des vergers sud-tyroliens, gris et tendus sur des kilomètres — ceux-là ne choquent personne. Un verger de pommiers sous panneaux ne paraît pas différent d'un verger sous filets anti-grêle.

Je ne parle pas en théorie. J'ai moi-même du photovoltaïque sur des serres, et en dessous poussent framboises, fraises, cerises, myrtilles. L'électricité au-dessus, les fruits en dessous, la même surface. Ce n'est pas une chimère de laboratoire — c'est mon exploitation. La double utilisation fonctionne. Je la récolte.

Pourquoi je reste tout de même prudent

Un jugement n'est pas une nouvelle loi. Le gouvernement provincial doit revoir les règles, et je n'ai aucune idée de ce qu'il va inventer. La version honnête serait : des règles propres, justifiées techniquement. La malhonnête : la même interdiction dans un nouvel emballage, avec d'autres chiffres tout aussi infondés.

Et au-dessus de tout plane Rome. Le Testo Unico FER national (loi 4/2026) oblige les régions et les provinces autonomes à désigner des surfaces pour les renouvelables — et interdit expressément les interdictions générales et abstraites. Une quasi-interdiction généralisée comme celle du Tyrol du Sud repose donc, à mon sens, sur des bases fragiles. La question n'est pas seulement ce que veut Bolzano — mais jusqu'où Bolzano peut réellement aller.

L'éléphant reste le même

Je l'ai déjà écrit : nous avons l'énergie propre la moins chère de l'histoire de l'humanité quasiment à portée de main — et nous disons « trop laid ». Le tribunal vient d'y poser un premier verrou.

La priorité aux renouvelables n'exclut pas la protection du paysage. Mais elle exige que chaque limite soit justifiée : spécifique, documentée, proportionnée. Pas au doigt mouillé.

75 mètres, 10 pour cent. Jusqu'à aujourd'hui, personne ne m'a expliqué pourquoi. Désormais, un tribunal ne l'accepte plus non plus.

Sources