Ce fut une conférence fantastique et passionnante de l'éducatrice sexuelle Emily Nagoski, auteure de Come as You Are.
Voici un résumé des points les plus importants de la transcription de la vidéo, organisés par concepts clés.
Thème général : Confiance et Joie
L'objectif central de Nagoski est d'aider les gens à vivre avec confiance et joie à l'intérieur de leur corps.
- La confiance, c'est savoir ce qui est vrai concernant votre corps et votre sexualité, même si cela contredit ce qu'on vous a enseigné ou ce que vous souhaiteriez que ce soit vrai.
- La joie est la partie la plus difficile : aimer ce qui est vrai, même quand c'est difficile.
Son travail vise à remplacer les mythes nocifs par des vérités scientifiques, aidant ainsi les gens à réaliser qu'ils sont normaux et non défectueux.
1. Le modèle du double contrôle : l'accélérateur et le frein de votre cerveau
Il s'agit du modèle scientifique central pour comprendre la réponse sexuelle. Votre cerveau possède deux systèmes indépendants qui fonctionnent en permanence :
- L'accélérateur (Système d'excitation sexuelle) : C'est la « pédale d'accélérateur ». Il scanne l'environnement pour trouver toutes les informations sexuellement pertinentes (vues, sons, odeurs, toucher, pensées) et envoie les signaux d'excitation.
- Le frein (Système d'inhibition sexuelle) : C'est la « pédale de frein ». Il cherche toutes les bonnes raisons de ne pas être excité. C'est le système d'autoprotection de votre cerveau.
Le point le plus important : La plupart des difficultés sexuelles (comme le faible désir ou les problèmes d'excitation/orgasme) ne sont pas dues à un accélérateur insensible. Elles sont causées par un excès de stimulation des freins.
Les éléments courants qui activent les freins incluent :
- Le stress (travail, finances, famille)
- L'anxiété liée à l'image corporelle et l'autocritique (« l'auto-observation »)
- Les problèmes de couple et les conflits non résolus
- Le traumatisme
- La peur d'être interrompu, de la grossesse, ou de ne pas plaire au partenaire
La solution à de nombreux problèmes sexuels n'est pas d'appuyer davantage sur l'accélérateur, mais de comprendre ce qui active vos freins et de créer un contexte où ils peuvent être relâchés.
2. Comprendre le désir : Spontané vs Réactif
On nous a enseigné que le désir est une « étincelle » qui devrait simplement surgir. Nagoski soutient que ce n'est que la moitié de l'histoire.
- Le désir spontané : C'est le désir comme un « coup de foudre » qui semble surgir de nulle part. C'est ce que la plupart des gens considèrent comme le désir « normal », mais ce n'est pas la seule forme.
- Le désir réactif : C'est le type le plus courant dans les relations à long terme. Le désir ne vient pas en premier ; il émerge en réponse au plaisir. Vous pouvez ne pas avoir envie de faire l'amour, mais si vous vous placez dans un contexte de plaisir (câlins, caresses), votre corps répond, et le désir suit.
La métaphore de la fête : Vous n'avez peut-être pas envie d'aller à une fête, mais vous avez promis que vous le feriez. Alors vous vous préparez et vous y allez, et une fois sur place, vous commencez à vous amuser. Pour beaucoup, le désir sexuel fonctionne de la même manière. La clé n'est pas le désir ardent d'aller à la fête, mais le fait de s'amuser à la fête où l'on se trouve.
3. Le sexe est une incitation, pas un besoin biologique (drive)
Il s'agit d'une redéfinition cruciale de ce qu'est la sexualité.
- Le besoin biologique (comme la faim ou la soif) : Un état interne inconfortable qui vous pousse à résoudre un problème pour assurer votre survie. Si vous ne satisfaites pas un besoin biologique, vous finirez par subir des dommages tissulaires et mourir.
- La motivation par incitation (comme le sexe ou la curiosité) : Un stimulus externe qui vous attire vers lui parce qu'il est potentiellement gratifiant et plaisant.
Le point le plus important : « Personne n'est jamais mort parce qu'il n'avait pas pu coucher avec quelqu'un. » Le sexe n'est pas un besoin biologique nécessaire à la survie individuelle. Présenter cela comme un « besoin » crée un sentiment dangereux de droit acquis et de pression. Le reconnaître comme une incitation permet de recentrer le tout sur le plaisir, la connexion et le consentement mutuel.
4. La vérité sur l'orgasme
- L'orgasme est un événement cérébral : Il s'agit d'une libération spontanée et involontaire de la tension neuromusculaire qui se produit dans le cerveau, pas dans les organes génitaux. Les gens peuvent être entraînés à atteindre l'orgasme par de nombreux types de stimulations.
- Il n'y a pas de hiérarchie : Nagoski réfute vigoureusement l'idée freudienne des orgasmes clitoridiens « immatures » par opposition aux orgasmes vaginaux « matures ». Un orgasme est un orgasme, et tous sont tout aussi valables.
- Le contexte est primordial : Un orgasme n'est pas intrinsèquement un « sommet de plaisir ». Sa qualité dépend entièrement du contexte émotionnel et physique. Dans un contexte sûr et aimant, il peut être merveilleux. Dans un contexte négatif, il peut être terrible.
- Solution pour les difficultés d'orgasme : Retirez-le de la liste des objectifs. La pression pour atteindre l'orgasme active souvent les freins. En vous concentrant uniquement sur le plaisir pour le plaisir même, vous relâchez les freins, et l'orgasme devient souvent plus accessible comme un effet secondaire heureux.
Conclusion : Le plaisir est la mesure
La mesure ultime du bien-être sexuel n'est pas la fréquence de vos rapports, avec qui vous les avez, ou le nombre d'orgasmes que vous avez. La seule chose qui compte est : est-ce que vous et vos partenaires appréciez les expériences sexuelles que vous vivez ? Si toutes les personnes impliquées sont heureuses d'être là, alors vous faites déjà les choses correctement.